Campagne contre l'expansion du nucléaire

courrieur électronique : cnp@web.net


Communiqué

À publier le 11 septembre 1997


Le public n'est pas consulté
sur les envois de plutonium au Canada
provenant d'armes nucléaires américaines.


Alors que les Américains s'affairent aux préparatifs entourant l'exportation au Canada de plutonium militaire, le gouvernement Chrétien refuse de donner aux citoyens canadiens la chance de s'exprimer à ce sujet et refuse d'examiner les conséquences que pourrait avoir une telle décision sur l'environnement.

Le US Department of Energy (DOE), qui termine le 17 septembre ses audiences dans le cadre d'une évaluation environnementale sur la fabrication et le transport de combustible à plutonium, a déclaré que «les activités qui se dérouleraient au Canada seraient la responsabilité du gouvernement canadien.» Une première livraison est prévue aux Laboratoires nucléaires de Chalk River en décembre pour fins d'essais de combustion; ce serait la première étape d'un plan qui s'étalerait sur 25 ans et qui prévoit qu'une quantité de plutonium pouvant atteindre cent tonnes, provenant du démantèlement d'ogives nucléaires russes et américaines, serait exportée au Canada pour être utilisée dans des réacteurs CANDU.

Des groupes d'intérêt public condamnent le fait que les citoyens canadiens n'ont eu l'occasion de se prononcer sur ce projet que par le biais du processus d'audiences publiques américain. Ces organismes se disent d'accord avec les conclusions d'une étude indépendante commandée par le gouvernement fédéral, Énergie atomique du Canada limitée (ÉACL) et Ontario Hydro, qui recommande que ce projet de combustible à plutonium «soit jeté aux oubliettes». (Griffiths, Franklin, 1997, MOX Experience: The Disposition of Excess Russian and U.S. Weapons Plutonium in Canada.)

«L'évaluation du DOE s'arrête littéralement à la frontière», dit Kristen Ostling, coordonnatrice de la Campagne contre l'expansion du nucléaire. «Alors que les villes américaines qui se trouvent sur le parcours que suivrait le convoi de transport du combustible à plutonium sont clairement identifiées dans l'étude, les communautés canadiennes, par contre, ne le sont pas.» Elle ajoute que ces communautés n'ont pas leur mot à dire en ce qui a trait à la décision de faire passer par leurs villes les convois de plutonium, une des substances les plus cancérigènes connues de la science. «Le gouvernement canadien se dérobe à ses obligations», poursuit Madame Ostling.

Le gouvernement Chrétien a déjà laissé savoir qu'une évaluation environnementale du plan d'importation du plutonium se ferait «dans quelques années». Certains critiques du plan, comme Irene Kock du Nuclear Awareness Project, indiquent que cela serait trop peu trop tard et que la question fondamentale, à savoir si oui ou non les Canadiens veulent s'embarquer dans un tel projet, n'y serait pas abordée.

«La position du gouvernement est malheureusement très cohérente», dit Elizabeth May, directrice générale du Sierra Club du Canada. «On n'a qu'à se rappeler comment le gouvernement a tourné ses propres lois et versé plus de 1,5 milliards $ à la Chine pour l'achat des réacteurs CANDU.»

Gordon Edwards, président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, dit qu'il n'y a pas eu de processus démocratique pour déterminer si les Canadiens trouvent acceptable l'idée d'importer du combustible à plutonium. «Nous exigeons que le gouvernement canadien retire son offre avant de se retrouver engagé par une décision irréversible.»

Même suite au récent scandale sur la sûreté à Ontario Hydro, le gouvernement fédéral et l'industrie nucléaire continuent d'appuyer l'importation du combustible à plutonium, note Marc Chénier, président du Centre d'analyse des politiques énergétiques. Un porte-parole d'ÉACL a indiqué que les essais de combustible allaient avoir lieu tel que prévu, nonobstant la fermeture des réacteurs. «ÉACL prévoyait utiliser le plutonium dans les réacteurs Bruce A, qui ont été fermés à cause de pratiques de sûreté inférieures à la normale», affirme Monsieur Chénier. «Compte tenu de tous les problèmes auxquels doit faire face Ontario Hydro, celle-ci ne devrait pas gaspiller les deniers publics en retapant de vieux réacteurs pour les adapter au combustible à plutonium.»

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Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec:

Kristen Ostling, Campagne contre l'expansion du nucléaire, 613-789-3634
Gordon Edwards, Regroupement pour la surveillance du nucléaire, 514-489-5118
Marc Chénier, Centre d'analyse des politiques énergétiques, 514-527-2712


S.V.P. écrire un mot avant le 20 septembre à :

Dean Triebel
U.S. Department of Energy

télécopieur : 505-665-4872
téléphone : 505-665-6353
c. élect. : dtriebel@doe.lanl.gov.

(L'évaluation environnementale du DoE est disponible sur l'internet à : http://www.lanl.gov/LAAO/docs/para.html )


s.v.p. envoyer une copie de votre lettre au DoE vers

le Premier Ministre Jean Chrétien:

télécopieur: 613-941-6900
téléphone: 613-992-4211


Pour envoyer une copie vers votre député(e), s.v.p. utiliser le site sur l'internet ("Fax the Feds"): http://www.net-efx.com/faxfeds

Aussi, s.v.p., envoyer une copie à la Campagne contre l'expansion du nucleaire, télécopieur : (613) 241 2292


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